16 février 2013 THEATRE "LE SAS"
Des tranches de vies cabossées d'où suinte une touchante humanité

Etait-ce l'intérêt manifesté pour le thème de la soirée - les femmes en prison- ou la perspective de voir mis en scène le très beau texte de Michel AZAMA, construit à partir de témoignages de détenues? Toujours est-il que, ce 16 février, l'ancienne chapelle de la Madeleine a fait salle comble! Et les applaudissements nourris et chaleureux n'ont, à l'issue du spectacle, pas manqué pour saluer la très belle prestation de Corianne MARDIROSSIAN, admirable de justesse dans l'interprétation de cette pièce d'une grande sensibilité. Elle y rend parfaitement palpable l'humanité d'un monde où l'angoisse côtoie l'humour, la cruauté la poésie, la folie le renoncement. Son jeu, tout en nuances, confère à ces femmes enfermées une dignité qui, par-delà les cris de détresse, d'abattement ou de révolte, nous les rend terriblement humaines et tellement proches. Cette proximité se renforce encore du parti pris de l'auteur qui a choisi de situer le fil rouge de son récit la veille de la libération d'une détenue. Ainsi, ces tranches de vies cabossées débouchent-elles sur l'incertitude du dehors; une approche existentielle qui bouleverse et nous interpelle tous, quel que soit le côté du mur où nous sommes. Un grand merci à Corianne et plus largement à la compagnie Ololo qui portent avec respect, talent et conviction l'histoire de ces femmes blessées.

Zone libre St germain Laval 16 02 2013

Le sas, de Michel Azama, au théâtre des Trots raisins

La démesure d'une ultime nuit
Seize années de réclusion et une ultime nuit qui dé¬compte heures jusqu’à l’aube d'une liberté incer¬taine : Le sas est une pièce dont vous ne sortirez pas indemnes
Le théâtre des Trois-Raisins vous propose de partager l’intimité percutante de la pièce intitulée le SAS, de Michel Azama, mise en scène par Richard Lakatos.
Eclairant de son jeu sensible la dernière nuit d'une « sortante », Corianne Mardirossian délivre la criante réalité d'une humanité captive dans les murs d'une cellule où se répercutent les mots vibrants évadés d'un monologue saccadé et de dialogues fictifs.
Lézarder un monde interdit
Une voix qui crève le trou noir et déroule le fil teint des espoirs et des peines d'une détenue. Une femme anonyme, dont on ne sait presque rien, ni comment, ni pourquoi, elle a tué le père de ses enfants. Sans jugement ni procès» Le sas de Michel Azama lézarde l'enceinte d'un monde interdit, enfermé en dehors des regards, L'auteur s'inspire et puise dans la puissance des témoignages de douze femmes rencontrées lors d'ateliers d'écriture qu'il animait à la prison de Rennes dans les an¬nées 80. De ces lambeaux de vie déchirés par des conditions de détention extrêmes, raccommodés parfois par les amitiés tis¬sées, le dramaturge pare son œuvre et l'incruste d'une poésie sertie de rires, de larmes d'humour et de folie. Corianne Mardirossian  prête à cette femme la justesse et la conviction de ses intonations ainsi que l'expressivité de son corps habité, « Ce texte est riche. Il reflète très bien la misère en prison. Il est merveilleux à jouer » confíe l’actrice. On la croit tant elle met de fougue à camper ce personnage captivant à l'humanité à fleur de peau. La pièce, servie par une mise en scène inspirée de la réalité pénitentiaire, ouvre la cellule de ces cœurs incarcérés et rompt leur solitude. Sans fard, les mots frappent et éclairent au-delà des apparences. Des représentations qui promettent de ne pas vous laisser indemnes

La montagne Saussol Lauriane 16 02 2013

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